Elie Metchnikoff et les bienfaits des ferments présents dans les yaourts

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Elie (de son vrai prénom Ilya Ilitch) Metchnikoff était un scientifique russe, de la fin du 19e et du début du 20e siècle, pionnier de la recherche immunologique. Il est notamment le découvreur des cellules macrophages, découverte pour laquelle il obtient le prix Nobel de médecine en 1908.

L’hypothèse du gros intestin comme organe clef pour notre santé

Cet immunologue a durant toute sa carrière été persuadé que le corps humain était fait pour vivre jusqu’à 150 ans, mais que des perturbations internes et externes réduisaient cette espérance de vie. Pour lui, les principaux coupables de ces dysfonctionnements étaient ces fameuses cellules macrophages. Il pensait que le gros intestin se comportait comme un réservoir d’aliments non digérés et que ceux-ci provoquaient la prolifération de bactéries putréfiantes. Les cellules macrophages, désorientées par les toxines de ces bactéries, cessaient de s’attaquer aux infections pour s’en prendre aux tissus sains. Selon lui ce risque grandissait fortement avec l’âge, expliquant ainsi l’incapacité de l’homme à atteindre les fameux 150 ans. Pour ce chercheur, il était du devoir de la science de limiter ou même d’éliminer ce phénomène afin d’améliorer la qualité de vie des personnes.

La naissance des travaux sur le microbiote et les probiotiques

C’est dans ce but qu’il s’intéresse aux travaux d’un jeune bulgare, Stamen Grigorow qui découvre en 1905 un ferment lactique responsable de la transformation du lait en yaourt dans une région spécifique de la Bulgarie : le « Bacillus Bulgaricus ». Ce ferment l’intéresse particulièrement, car des paysans de certaines régions bulgares ont, à l’époque, une espérance de vie particulièrement longue. Il commence donc des travaux et Elie Metchnikoff publie 2 ans plus tard ses conclusions : selon lui l’espérance de vie élevée des paysans de cette région s’expliquerait par leur consommation quotidienne de yaourt frais contenant des ferments lactiques spécifiques.

Il poursuit alors ses études et arrive à une conclusion selon laquelle certaines bactéries de l’intestin seraient bénéfiques pour le corps humain. En effet, selon lui ces « bonnes » bactéries empêcheraient ou limiteraient le développement des bactéries putréfiantes. Manger du yaourt bulgare favoriserait donc le développement de ces bactéries bienfaisantes qui, en transformant le lactose en acide lactique, rendent l’environnement hostile aux microorganismes putréfiant et provoquent ainsi leur élimination, préservant la santé de leur hôte humain. Sans le savoir, il vient de poser les bases du concept de probiotiques et les fondamentaux de l’équilibre du microbiote largement étudiés aujourd’hui par la communauté scientifique internationale.

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