La diversité du microbiote, une problématique dans les pays industrialisés

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Si vous fréquentez régulièrement notre blog, vous devez maintenant connaitre le microbiote intestinal. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez lire notre article sur le sujet, qui présente ce petit écosystème composé de plus de 10 000 milliards de bactéries vivant dans le tube digestif de chaque humain. On l’appelle microbiote ou encore flore intestinale. On a longtemps cru que le seul rôle de cet écosystème était de nous aider à digérer notre menu. Aujourd’hui, on sait qu’il est bien plus important que cela, et qu’il joue un rôle central pour le maintien de notre « bonne » santé. En effet, le microbiote a un lien direct avec notre système nerveux, notre système immunitaire et notre métabolisme. Quand on dit un lien direct, on parle réellement d’études montrant qu’un déséquilibre du microbiote peut grandement influencer la fonctionnalité de ces différents systèmes.

Pourquoi aujourd’hui, s’intéresse-t-on particulièrement au microbiote ?

La recherche menée ces dernières années a montré que la plupart des pathologies actuelles surreprésentées dans les pays industriels ont un lien (plus ou moins fort) avec la qualité de notre microbiote intestinal. En effet, une faible diversité bactérienne du microbiote (un marqueur qualitatif) observé dans les populations des pays industrialisés est clairement associée à des maladies inflammatoires, des allergies ou intolérances, à l’obésité, au diabète, etc. Très souvent, dans un contexte pathologique, cette diminution de la diversité bactérienne est associée avec une diminution globale des bactéries bénéfiques au profit de mauvaises bactéries qui vont alors favoriser l’inflammation, la perméabilité intestinale et la production de substances toxiques (endotoxines bactériennes) capables de traverser l’intestin et de se retrouver dans la circulation sanguine. La compréhension du microbiote est donc aujourd’hui au cœur des études à propos de nombreuses maladies chroniques.

La raison du mauvais état du microbiote chez les habitants des pays industrialisés

En lien avec ce constat, on observe chez les populations des pays industrialisés une perte de la diversité du microbiote par rapport à des populations avec des modes de vie plus traditionnels. Cette perte de la diversité serait principalement liée à 3 facteurs :

  • L’usage des antibiotiques (qui sont absolument nécessaires pour lutter contre les infections, mais qui ont comme effet secondaire de perturber fortement notre microbiote, voir d’éliminer des familles entières de bactéries).
  • La sur-hygiénisation pour lutter contre les agents infectieux (lavage des mains et des aliments, les traitements thermiques, les produits d’hygiène, etc.), qui limitent notre exposition à des microorganismes potentiels futurs colonisateurs de notre système digestif.
  • Notre alimentation industrielle (la junkfood) riche en sucre et graisse et pauvre en fibres qui ne convient pas aux bactéries de notre microbiote.

Ces paramètres entrainent le déséquilibre de notre microbiote entrainant une altération de la symbiose entre microbiote et hôte : c’est ce que l’on nomme « dysbiose ».  

Alors, comment maintenir la diversité de son microbiote et ne pas altérer son équilibre ?

Trois principaux facteurs vont permettre à chacun de s’occuper de son microbiote pour le maintenir en équilibre ou augmenter sa diversité. L’alimentation joue un rôle essentiel puisque deux solutions y sont présentes. La consommation de fibres solubles et de produits fermentés (contenant plus d’un milliard de ferments naturels par portion) est associée à une plus grande diversité du microbiote, à la présence de bactéries bénéfiques et à une augmentation des fonctions bénéfiques dans le microbiote intestinal au détriment des activités délétères. Un troisième élément, plus difficile à expliquer actuellement, semble également favorisé un microbiote équilibré, il s’agit de la pratique d’une activité physique. Mais ça, on vous en parle dans un prochain article !